Inutile de vanter les charmes de la Martinique. Christophe Colomb s'en est déjà chargé, qui s'exclamait en découvrant l'île le 15 juin 1502 : "C'est la meilleure, la plus fertile, la plus douce, la plus égale, la plus charmante contrée qu'il y ait au monde. C'est la plus belle chose que j'aie jamais vue, aussi ne puis-je fatiguer mes yeux à contempler une telle verdure”. Cinq siècles plus tard, on ne trouvera guère à ajouter ni à retirer à cet éloge enflammé. Alanguie sous un ciel d'éternel été, celle qu'on surnomme parfois Madinina, l'île aux fleurs, ou encore Martinino, l'île aux femmes, invite à l'abordage à la manière des pirates qui écumaient jadis ses rivages. Rien ne manque à l'appel, en effet, lorsqu'il s'agit d'égrener l'arsenal de ses beautés : ni les plages de sable fin, ni le coassement des grenouilles sous la voûte étoilée, ni la faune bariolée des fonds sous-marins, ni les roses porcelaines, ni le colibri huppé, ni les odeurs de vanille, de poivre, de cannelle, ni les doudous, madras, zouks, biguines, ni le savoureux parler créole si coloré, ni enfin le fameux verre de ti'punch, qui fait grimper la température à près de 60°C à l'ombre... |
En hiver, lorsque le froid règne sur la métropole, la Martinique est la destination rêvée pour un séjour placé sous le signe de la chaleur et du dépaysement. Car c'est durant cette période, appelée "carême", entre décembre et mai, que le climat est le plus agréable. L'air est alors sec mais jamais étouffant car les alizés, de légers vents de nord-est, le rafraîchissent en permanence. Il fait en moyenne 26°C et l'on entre dans l'eau avec délice, sans la moindre hésitation. Allongé sur le sable, dont on éprouve la finesse des grains en les laissant filer entre ses doigts, on renoue avec une harmonie élémentaire où l'air et l'eau jouent une partition grisante. D'ailleurs, l'eau tiède du lagon se trouvant à deux pas, il est des plus aisés d'y piquer une tête pour s'imprégner du goût salé et un peu piquant de cette immense piscine naturelle qui ceinture une bonne partie des côtes martiniquaises. S'y baigner reste un pur bonheur, car les récifs brisent les vagues un peu plus loin, offrant cette étendue bleu clair au repos des corps qui y flottent comme des nénuphars à la surface d'un étang. |