A u sud-est de la Guadeloupe, la rondeur de Marie-Galante attire l'œil sur la carte. Mais la curiosité géographique ne serait rien sans les images véhiculées par les amoureux de l'endroit. Marie-Galante vit un peu en dehors du temps guadeloupéen tout en représentant le cœur historique de son développement. Ici on vit encore essentiellement au rythme de la canne, du sucre et du rhum. De cette mémoire au goût parfois amer, l'île conserve à la fois de nombreux vestiges et des traditions toujours vivaces. Au gré des immenses océans de cannes ondulantes on rencontre ici et là les statues de pierre des anciens moulins à vent où l'on broyait la canne. Il surgissent au milieu de la végétation qui a peu à peu absorbé leurs ruines aux ailes brisées ou au cœur des anciennes habitations de planteurs aujourd'hui plus ou moins restaurées et reconditionnées en musées à l'instar de la fameuse habitation Murat. Les lieux dits portent toujours le patronyme d'anciens propriétaires de sucreries, de distilleries, ou tout simplement d'esclaves.Après l'abolition, les Noirs se sont égaillés dans toute l'île et ont défriché la terre pour y cultiver leurs petits lopins. A l'horizon, le paysage mêle ainsi aujourd'hui immenses champs de cannes et petits jardins vivriers zébrés d'innombrables chemins de traverse où l'on circule encore en char à bœufs. |
C'est d'ailleurs l'une des traditions les plus tenaces et elle donne même lieu chaque année à de grandes festivités au moment du carnaval où les concours de chars à bœufs tirant des charges toutes plus énormes les unes que les autres font le bonheur de Guadeloupéens comme des touristes de passage. Reste les plages dont certains affirment qu'elles sont les plus belles de l'archipel guadeloupéen. Elles attirent de plus en plus de voyageurs qui tentent même aujourd'hui le mini séjour et non plus simplement l'excursion à la journée. Il faut dire que les images des plages de Saint-Louis, Vieux Fort, de l'anse Canot ou encore de l'anse Moustique ont de quoi faire bien des jaloux. Et des heureux.  |