A l'arrivée de Pointe-à-Pitre par l'une des nombreuses navettes qui rallie le petit archipel situé au sud ouest de la Guadeloupe, le visiteur qui découvre pour la première fois les Saintes peut admirer d'un seul coup d'œil un paysage enchanteur. Il est alors immédiatement et immanquablement séduit par cette imbrication de petites baies et de plages tranquilles, dominées par une série de mornes bosselés où s'accrochent dans une végétation tropicale dense et fleurie d'adorables petites maisons créoles blanches aux toits rouges. Peuplant ce décor tropical à souhait, le visiteur découvrira aussi les formes hétéroclites et parfois anachroniques des canons rouillés et des forts en ruine qui rappellent les enjeux stratégiques que représentaient ces îles aux temps coloniaux et l'appétit qu'en avaient aussi les flibustiers et pirates d'antan. Mais l'histoire légendaire des Saintes se lit aussi dans les yeux bleu marine, les cheveux blonds et la peau claire de ses habitants dont la majorité se concentre autour du village de Terre-de-Haut. Ils ont en effet pour ancêtres Bretons, Normands et Poitevins venus pleins d'espérance pour coloniser l'île au XVIIe siècle. Ils ont acquis au fil des siècles une réputation d'intrépides marins et passent encore aujourd'hui pour les pêcheurs les plus doués des Antilles. Tandis que les marins s'élançaient à la conquête de l'océan, |
les femmes restaient chez elles à confectionner de délicieux gâteaux à la noix de coco, les célèbres "tourments d'amour" des Saintes, ainsi que des chapeaux à large bord, les salakos. Le fameux Pain de sucre, à l'ouest de l'îlet à Cabris et sa bosse du Chameau, donne au paysage enchanté de la rade des allures de Rio en miniature. Les navigateurs sont parfois nombreux à l'escale et on doit parfois éviter l'encombrement de Terre de Haut en s'abritant sous le Pain de sucre ou, mieux encore, en se laissant glisser jusqu'à Terre de Bas et la petite anse Fielding. Car l'escale est recherchée autant pour l'ambiance unique des Saintes que pour ses plages de pointe de Bois Joli, de la baie de Pompière ou de l'anse Crawen. Un havre de paix qui mériterait sans doute parfois un peu plus de quiétude.  |