En vérité ce schéma idéal est largement modifié par une vaste plaine orientale que vient contredire les turbulences d'un relief accidenté, véritable labyrinthe de montagnes et de failles escarpées, de pitons volcaniques et de plateaux, de plaines et de hauts mornes calcaires qui caractérisent la partie ouest de l'île. Toujours est-il que ces multiples facteurs climatologiques et géologiques ont donné naissance au cours des âges à des paysages à la fois riches et variés qui font de la découverte de la Guadeloupe un perpétuel enchantement. Réduite à l'échelle de ce minuscule territoire, cette mosaïque naturelle permet de contempler presque tous les milieux écologiques qui prospèrent sous ces latitudes et qui pour la plupart, et fort heureusement, été protégés par un statut de réserve ou de parc naturel. Et les découvertes ne sont pas les moins nombreuses en longeant le littoral où l'on découvre les côtes rocheuses et découpées de la pointe des Châteaux ou des Colibris à l'est, les vertigineuses falaises battues par la houle de la Grande Vigie au nord-est qui ne manquent pas d'évoquer certains paysages - certes plus ensoleillés – des côtes normandes et bretonnes. Les immenses plages de sable blond de Grande Anse, des Salines, de l'Anse à la Barque de Deshaies ou encore de Bois Jolan, bordées de filaos et de cocotiers contrastent avec les bases d'activités nautiques de Gosier ou de Sainte-Anne.
Mais les randonneurs ou les plaisanciers auront toujours le loisir de débusquer une petite anse solitaire ou une crique sauvage à l'écart des sentiers battus. Car en Guadeloupe on est loin d'une nature domestiquée et si l'on ne trouve pas d'animaux dangereux dans l'inventaire de sa faune bigarrée, on rencontre tout à loisir au détour des sentiers de randonnée ratons laveurs, iguanes, agoutis, sternes, frégates, pélicans bruns, ramiers bleus, perdrix rouges et pics noirs. |
Ceux qui s'aventureront dans les mangroves, y compris à la nage, ne seront pas surpris de se retrouver nez à nez avec des tortues ou des lamantins. Malgré les efforts des naturalistes et des conservateurs de l'île, la plupart de ces espèces sont hélas en voie de disparition et préfèrent pour la plupart fuir devant les visiteurs inopportuns. Heureusement, la Guadeloupe possède suffisamment de sites classés et d'espaces protégés pour que ces espèces puissent encore couler quelques jours heureux. Il y a donc mille manières d'aborder la nature en Guadeloupe. Côté mer, la plus simple consiste à visiter la mangrove du Grand Cul-de-Sac marin, cette immense baie naturelle qui s'ouvre vers le nord entre les deux ailes du papillon ou de s'offrir une balade à bord d'un bateau à fond de verre vers les îlets Pigeon, au large de Malendure, sur la côte ouest. Côté terre, le jardin botanique de Basse-Terre et le parc floral du domaine de Valombreuse recensent la plupart des essences exubérantes et colorées de l'île dont beaucoup ne sont en fait pas exactement originaires de l'archipel. C'est le cas des bougainvillées, des anthuriums, des lauriers-roses, des balisiers, des frangipaniers, des fromagers ou encore des arbres du voyageur. On y apprendra à reconnaître le café, le cacao, la vanille, le bois bandé ou les feuilles toxiques du mancenillier. |