Le paradis des Robinsons antillais  
Escale providentielle pour Christophe Colomb et ses équipages fatigués, la Désirade – désir de rade – fut longtemps une zone de clair obscur pour nombre
de parias des Antilles et de la mer Caraïbe. Mais dans ce petit cloche merle
tropical, l'avenir se joue aujourd'hui à pas feutrés à l'ombre d'immenses
éoliennes écologiques.
Pour ne pas trop déranger les iguanes qui paressent au soleil 
n dit d'elle que son nom lui aurait été donné par les marins de Christophe Colomb chavirés de bonheur par la vision d'une terre tant désirée après la douloureuse traversée de l'Atlantique. Cette douceur est pourtant bien éphémère tant ce petit bout de terre aride de 20 km2, flanqué d'une longue falaise et de ravines aux buissons épineux laisse aujourd'hui un goût de paradis faussement serein au voyageur de passage. C'est sans doute pour cette raison que l'île fût longtemps une terre d'exil pour les fils indignes de la noblesse antillaise, un repaire de voyous des mers et le dépotoir de tous les lépreux de l'archipel. Aujourd'hui, la léproserie n'est plus qu'une ruine et les descendants des exilés forcés, mâtinés de flibustiers en tous genres, mènent une vie paisible de pêcheurs et d'agriculteurs. Au sommet des crêtes où soufflent les alizés, des éoliennes alimentent en électricité cette île restée en dehors du brouhaha de la modernité qui caractérise une bonne partie de la Guadeloupe. Ayant échappé au tumulte du développement et des prises de possession des grandes puissances européennes, La Désirade a par la même échappé aux heures sombres de l'esclavage avec son corollaire de révoltes et de changements d'âme.
On y respire aujourd'hui ainsi plus une atmosphère d'iode et de sel que le parfum du rhum, du café ou des bananes. Avant-garde de la côte au vent guadeloupéenne fièrement dressée au devant de la houle sauvage de l'Atlantique, la Désirade demeure pourtant étrangement silencieuse. L'île cultive même sa tranquillité à l'image des nombreux iguanes qui préfèrent, aux heures de la journée, paresser au soleil. Les amoureux des plaisirs marins y découvriront néanmoins un vrai petit paradis aux formes et aux couleurs -luminescentes où les récifs de corail des-sinent des arabesques de toute beauté, notamment au large du Souffleur, de la pointe des Colibris ou de celle du Grand Nord. La côte s'est d'autre part enluminée de somptueuses plages de sable fin comme celle de Grande Anse, de Baie-Mahault ou la célèbre plage à Fanfan. Des plages naturellement désertes où il fait bon jouer les Robinsons.
Un petit cloche merle des tropiques où tout se sait et où tout le monde se connaît

Mesurant à peine 11 km de long
pour 2 de large,
la Désirade est un gros rocher aride flanqué d'une mince bande littorale vers le sud. Dans l'île
tout le monde se connaît : noirs ou blancs, les 1500 habitants ignorent les clivages.

Un paradis écologique où les iguanes dorment à l'ombre des éoliennes
La plage, incontournable point de rencontre.
Les fameux iguanes de l'île coulent des jours paisibles. Les pêcheurs se retrouvent sur la plage à Fanfan.